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CINÉLISTE : Les 40 meilleurs films des années 40

Par Gilda Anselmi

13 janvier 2021

Entre guerres chaude et froide, le cinéma des années 40 dénonçait le nazisme et les excès du pouvoir, peaufinait la comédie et faisait vivre l'espérance, ou alors s'évadait de l'atmosphère du temps, à grands renforts de femmes renversantes solaires ou fatales.




Décennie de guerres, la deuxième mondiale et la froide qui s'installe. Inéluctablement, elles inspirèrent de grandes oeuvres. Moquant le nazisme : Le dictateur de Charles Chaplin (1940), To Be or Not to Be d'Ernst Lubitsch (1942). Contribuant à le combattre : Casablanca de Michael Curtiz (1942). Documentant ses menées : Rome, ville ouverte (1945) et Allemagne année zéro de Roberto Rossellini. Ou faisant du conflit Est-Ouest la toile de fond d'un film noir hors normes : Le troisième homme de Carol Reed (1949). Mais entre drame et légèreté, le cinéma des années 40 se distingue aussi par d'autres préoccupations.


Pendant que certains tournent le pouvoir en dérision, d'autres, sur un mode plus sombre, en dénoncent la soif et les excès.

Tout d'abord distraire, en propulsant l'art de faire rire vers de nouveaux sommets. Bijoux de la screwball comedy : The Shop Around the Corner, Le ciel peut attendre et La folle ingénue d'Ernst Lubitsch ; The Philadelphia Story et Madame porte la culotte de George Cukor ; Les voyages de Sullivan et The Lady Eve de Preston Sturges ; et, bien sûr, Arsenic et vieilles dentelles de Frank Capra, l'inventeur du genre. Humour noir anglais, avec un Alec Guinness à huit rôles dans le fameux Noblesse oblige de Robert Hamer. Ou encore géniale incarnation du cynique Talleyrand : Sacha Guitry dans son Diable boiteux.

Pendant que certains tournent le pouvoir en dérision, d'autres, sur un mode plus sombre, en dénoncent la soif et les excès : Orson Welles, filmant et interprétant la mégalomanie d'un magnat de la presse (Citizen Kane) ; Alfred Hitchcock, avec ses étudiants qui ont lu Nietzsche de travers et s'octroient le droit d'étrangler un camarade "inférieur" (La corde) ; Kenji Mizoguchi, dont La vengeance des 47 rônins, tragédie historique, rend hommage aux samouraïs qui se révoltèrent contre une injustice du shogun Tsunayoshi ; John Ford et Carl Theodor Dreyer, qui tous deux exaltent la "colère", celle des petits fermiers expropriés par les banques, celle que le spectacle de la misogynie du clergé inspirerait à Dieu lui-même.

Devant l'ombre qui s'étend, faire vivre l'espérance. À travers une histoire d'ange : La vie est belle de Capra. Ou en montrant qu'un cynique peut devenir un héros : Bogart renonçant à Bergman afin d'aider la Résistance (Casablanca).

Devant l'ombre qui s'étend, redéfinir le film noir pour l'arracher au manichéisme, pour dépeindre une réalité grise où bien et mal s'entremêlent : Le faucon maltais de John Huston, Le corbeau d'Henri-George Clouzot, Double Indemnity de Billy Wilder, Laura d'Otto Preminger, Le grand sommeil d'Howard Hawks, Le troisième homme déjà cité.

Il y a enfin, dans ces années 40, quelques films inclassables, comme égarés dans l'espace-temps. L'envoûtant Vaudou de Jacques Tourneur, entre psychologie et zombie movie. Le portrait de Dorian Gray d'Albert Lewin, adaptation érudite et sophistiquée du roman d'Oscar Wilde. Hamlet de Laurence Olivier, tour de force d'un comédien amoureux de Shakespeare. La belle et la bête de Jean Cocteau, avec ses décors, son grimage, sa lumière hypnotiques...

Au centre de nombre de ces films, des stars qui éblouissent, insolentes ou généreuses, drôles ou poignantes, solaires ou fatales. Veronica Lake, Setsuko Hara, Lauren Bacall, Ingrid Bergman, Gene Tierney, Katharine Hepburn, Donna Reed, Barbara Stanwyck, Mary Astor, Lisbeth Movin, Arletty, Carole Lombard...

Ci-après, 40 chefs-d'oeuvre de cette décennie inquiète, mais qui sut, malgré tout, demeurer optimiste.

(Et RDV bientôt sur LOM pour les 50 meilleurs films des années 50.)



1. Orson Welles, Citizen Kane (1941)


2. Frank Capra, La vie est belle (1946)


3. Michael Curtiz, Casablanca (1942)


4. Alfred Hitchcock, La corde (1948)


5. Kenji Mizoguchi, La vengeance des 47 rônins (1941)


6. Marcel Carné, Les enfants du paradis (1945)


7. Jean Cocteau, La belle et la bête (1946)


8. Orson Welles, La splendeur des Amberson (1942)


9. Ernst Lubitsch, The Shop Around the Corner (1940)


10. Alfred Hitchcock, Les amants du Capricorne (1949)


11. John Huston, Le faucon maltais (1941)


12. Charles Chaplin, Le dictateur (1940)


13. Robert Hamer, Noblesse oblige (1949)


14. Preston Sturges, Les voyages de Sullivan (1941)


15. Michael Powell & Emeric Pressburger, Les chaussons rouges (1948)


16. Otto Preminger, Laura (1944)


17. John Ford, Les raisins de la colère (1940)


18. George Cukor, The Philadelphia Story (1940)


19. Frank Capra, Arsenic et vieilles dentelles (1944)


20. Yasujirô Ozu, La fin du printemps (1949)


21. Preston Sturges, The Lady Eve (1941)


22. Ernst Lubitsch, To Be or Not to Be (1942)


23. Howard Hawks, Le grand sommeil (1946)


24. Ernst Lubitsch, Le ciel peut attendre (1943)


25. Alfred Hitchcock, Les enchaînés (1946)


26. Carol Reed, Le troisième homme (1949)


27. Laurence Olivier, Hamlet (1948)


28. George Cukor, Madame porte la culotte (1949)


29. Roberto Rossellini, Rome, ville ouverte (1945)


30. Roberto Rossellini, Allemagne année zéro (1948)


31. Henri-Georges Clouzot, Le corbeau (1943)


32. John Ford, My Darling Clementine (1946)


33. Sergueï Eisenstein, Ivan le terrible (1944)


34. Sacha Guitry, Le diable boiteux (1948)


35. Ernst Lubitsch, La folle ingénue (1946)


36. Albert Lewin, Le portrait de Dorian Gray (1945)


37. Billy Wilder, Double Indemnity (1944)


38. Jacques Tourneur, Vaudou (1943)


39. Charles Chaplin, Monsieur Verdoux (1947)


40. Carl Theodor Dreyer, Jour de colère (1943)


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