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TOP : Tour du prog rock en 35 pépites

Par Dr Deaf Bowman

15 janvier 2021

Pochettes énigmatiques, morceaux d'une demi-heure, instruments weird, albums-concepts... Transgressant toutes les conventions, le rock progressif a touché le ciel. Certains s'y sont perdus. D'autres en ont rapporté de somptueuses musiques.





Ils ont inventé ces pochettes vinyle déconcertantes et sophistiquées, puisant dans l’œuvre de Jérôme Bosch, montrant des businessmen se serrant la main, costard de l’un en feu. Surtout pas la belle gueule du chanteur. Trop vulgaire. Trop rock à papa.

Les morceaux bien carrés pliés en trois minutes qui font danser les ados entre le jingle de la station et la pub pour 7 Up ou les clopes au menthol Consulate ? Indigne de leur génie. Les mecs s’autorisaient des plages musicales de 10-20 minutes, éventuellement une demi-heure – comme les grands maîtres du sitar indiens, dégagés de la variable temps. Ça effrayait le prod ? Pas leur problème. Ils faisaient de la musique. À lui de réussir à la vendre. C’est pour ça qu’on le paye, le prod, pas pour qu’il impose ses petites recettes.


On se lançait à méninges perdues dans d’hasardeuses explorations. Hybridait ce qui n’était a priori pas destiné à l’être.

Tout groupe normal roulait sur trois instruments, batterie, basse et guitare ? Oui, et alors ? Pourquoi pas le sax, le mellotron, la flûte traversière ? Il fallait aérer les studios. S’inspirer de ce qui était grand : free jazz, classique, musique contemporaine… Se projeter vers l’avenir, ou renouer avec le moyen âge. Mais si, la bourrée, c’est rock, vous n’aviez pas remarqué ? On ne crée pas de nouvelles formes en jugeant comme tout le monde. Le beau son, c’est avant tout une pensée, une percée dans la conception de ce qui est possible. Or tout ou presque apparaissait tel. On se lançait à méninges perdues dans d’hasardeuses explorations. Hybridait ce qui n’était a priori pas destiné à l’être. Musique et littérature, musique et philosophie. Un vrai album, c’est un concept – pas simplement un ramassis de titres. Une œuvre homogène racontant quelque chose : l’errance de Rael dans des mondes étranges – Genesis, The Lamb Lies Down on Broadway (1974). Ou donnant à réfléchir sur l’essence de la musique – Pink Floyd, Wish You Were Here (1975).

Cette étrange aventure a commencé en Angleterre, à la fin des sixties, comme variant du rock psyché. Avec, en défricheurs, Pink Floyd, The Nice, Soft Machine, Deep Purple. Puis l’épicentre de l’avant-gardisme s’est déplacé en Allemagne : Can, Amon Düül II, Tangerine Dream, Klaus Schulze…

Au bout d’une dizaine d’années de caprices créateurs, l’industrie du disque siffle la fin de la récréation. Et la déferlante punk, primaire et pressée, force les têtes chercheuses, parfois perdues dans l’amphigourisme, à revenir à des motifs immédiatement accessibles. Clôture de l’époque héroïque du prog rock.

Un demi-siècle après, que reste-t-il de ce genre ? Disons-le sans détour, nombre d’albums ont très mal vieilli. Et l’on ne voit plus bien ce qui a pu susciter l’engouement phénoménal qui entourait certains groupes. Mais la myriade de compositions qui a résisté aux assauts du temps apparaît aujourd’hui comme d’une splendeur surhumaine.

Ci-après, dans l'ordre de parution, 35 titres phares de cette vague hors normes.



35 PÉPITES PROG ROCK par LOM

sur Spotify



Pink Floyd, "A Saucerful of Secrets" (1968)

The Nice, "America (2nd Amendment)" (1968)

Soft Machine, "A Certain Kind" (1968)


Deep Purple, "April" (1969)


Jethro Tull, "Bourée" (1969)

King Crimson, "Epitaph" (1969)


Pink Floyd, "Summer '68" (1970)


Can, "Oh Yeah" (1971)


Amon Düül II, "Toxicological Whispering" (1971)


Pink Floyd, "Echoes" (1971)


NEU!, "Hallogallo" (1972)


Pink Floyd, "Obscured by Clouds" (1972)


Emerson, Lake & Palmer, "From the Beginning" (1972)


Hawkwind, "Space Is Deep" (1972)


Faust, "A Seventies Event" (1973)


Pink Floyd, "Time" (1973)


Tangerine Dream, "Phaedra" (1974)


Supertramp, "Hide in Your Shell" (1974)


Tangerine Dream, "The Rainbow Concert, Pt. 2" (1974)


Genesis, "Carpet Crawlers" (1974)


Caravan, "No Backstage Pass" (1975)


Pink Floyd, "Wish You Were Here" (1975)


Supertramp, "Ain't Nobody but Me" (1975)


Klaus Schulze, "Bayreuth Return" (1975)


Electric Light Orchestra, "Evil Woman" (1975)


Kraftwerk, "Radioactivity" (1975)


Genesis, "Entangled" (1976)


Klaus Schulze, "Floating" (1976)


Kraftwerk, "The Hall of Mirrors" (1977)


Cluster & Brian Eno, "Ho Renomo" (1977)


Kraftwerk, "The Model" (1978)


Supertramp, "Goodbye Stranger" (1979)


Electric Light Orchestra, "Don't Bring Me Down" (1979)


Tangerine Dream, "Tangram, Set 2" (1980)


The Alan Parsons Project, "Eye In the Sky" (1982)


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